"La question des risques est au coeur de la vie et des difficultés des agriculteurs", a déclaré le ministre, qui s'exprimait au cours d'une conférence franco-allemande sur les risques agricoles à Berlin. Face à la multiplication des risques -- climatiques, mais aussi sanitaires, sous forme de maladies du bétail par exemple, et financiers, alors que les prix des matières premières agricoles sont soumis à une énorme volatilité --, le ministre a appelé à revoir et intensifier les systèmes de protection et d'assurance des agriculteurs. Les mécanismes d'assurance individuelle, par des compagnies d'assurance privées mais avec un soutien financier public, doivent notamment être renforcés. Ils existent dans certains pays européens, mais pas tous, et en sont encore à leurs débuts en France. "Le bilan de santé (de la politique agricole commune) doit permettre de faire un premier pas dans ces directions", a indiqué M. Barnier. Sous la présidence française, qui débute début juillet, les 27 tenteront de se mettre d'accord sur une réforme de la PAC, à partir du projet de "bilan de santé" présenté le mois dernier par la Commission européenne. M. Barnier a comme objectif d'arriver à un accord sur la politique agricole à l'automne, a-t-il ajouté. Son homologue allemand, le conservateur Horst Seehofer, a lui aussi exprimé le souhait que "le bilan de santé donne une chance de résoudre" la question de la gestion des risques. Mais, donnant un avant-goût des divergences qui peuvent exister en Europe sur ce sujet, M. Seehofer s'est montré plus réticent que son confrère sur le recours à des mécanismes d'assurance privée soutenus par l'Etat. "Ce sera difficile et cher", a-t-il estimé, préférant insister sur "la prévention, l'innovation, la recherche" pour prévenir les risques en amont.
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