DROIT DE REPONSE « CONTRAT DE NON CONFIANCE »
Le prix de la brique de lait a-t-il baissé dans les commerces ? Non, chaque consommateur le sait bien. A vrai dire, depuis 2001, celui-ci n’a fait qu’augmenter. Pourtant, dans le même temps, le prix du lait payé aux agriculteurs livrant leur lait à Entremont Alliance a suivi avec peine une courbe ascendante.
Aujourd’hui, le groupe industriel apporte une preuve de plus à cette situation : en décidant unilatéralement de n’accorder qu’une hausse de 30 € / 1000 L de lait au lieu des 49 € escomptés par les agriculteurs, Entremont brise la confiance entre l’amont et l’aval de la filière. Comment faire confiance à un groupe industriel qui, au printemps, s’engageait sur un prix du lait, et qui, 2 mois plus tard, revient sur sa décision, alors que les conditions de marché n’ont pas changé ? Comment faire confiance à un groupe annonçant par la voix de son président dans un communiqué que « dans cette filière, chacun dépend de l’autre pour exercer son métier », tout en ignorant les instances de concertation de la filière laitière, instances qui ont pourtant l’immense avantage de mettre autour de la table tous les acteurs, pour que chacun y trouve son compte ?
Que dire de plus sur la décision d’Entremont, qui a jugé le moment opportun pour décréter qu’un nouveau système de paiement du lait, basé sur une contractualisation, va se mettre en place ? Où se situe la sincérité d’Entremont Alliance, alors que c’est la presse qui nous apprend, à nous, producteurs, que ce nouveau système de paiement basé sur la contractualisation est en projet ? Pourtant, soyons clair : Jeunes Agriculteurs est favorable à une contractualisation collective, dont les termes sont communs à l’ensemble des producteurs de lait. Un jeune débutant sa carrière en agriculture a une exploitation plus fragile que les autres : il a besoin de visibilité, pour consolider son installation et planifier ses investissements notamment. La contractualisation collective est une voie à développer, elle favorisera le maintien de producteurs sur tout le territoire français. Cependant, qu’il n’y ait pas d’ambigüité : si nous sommes prêts à contractualiser, ce sera collectivement, car nous ne nous ferons pas concurrence entre producteurs de lait ! Et d’ailleurs, comment faire confiance à un groupe industriel qui nous demande de contractualiser avec lui, et qui, aujourd’hui même, ne traite pas tous les producteurs à la même enseigne ? Comment expliquer sinon qu’Entremont ne tienne pas ses engagements quant à la hausse du prix du lait dans l’Ouest, alors que dans l’Est de la France, Entremont arrive, ô miracle, à tenir ses engagements ?
Du chemin reste à parcourir pour rétablir « le lien fort » évoqué dans la presse par le président du groupe industriel Christian Mazuray entre Entremont et les producteurs.
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