Pour la FGA, les problèmes rencontrés par ces secteurs ne sont pas liés à un coût du travail trop élevé. Aujourd'hui, les chiffres qui circulent sur les salaires dans l'agriculture à l'étranger oublient de nombreux aspects cachés et sont à la limite du sérieux. En revanche, dans un secteur comme celui des fruits et légumes français, les salaires sont au niveau du SMIC et les "charges sociales" supprimées. Depuis 20 ans, des mesures d'allègement de charges ont été mises en oeuvre pour les cultures spécialisées (maraîchage, arboriculture...) avec la création des contrats travailleurs occasionnels (TO). Ce qui fait que 317.000 salariés travaillent actuellement dans ces secteurs représentant 94.000 ETP (équivalent temps plein). La masse salariale des TO représente 40 % de l'ensemble des salaires, celle des salaires inférieurs à 1,3 SMIC 70 % et celle des salaires inférieurs à 1,6 SMIC 80 %. Les salaires français, dans leur quasi intégralité, ne sont donc pas soumis à cotisations sociales et leurs niveaux sont bas. Précarité, bas salaire et mauvaises conditions de travail ne sont pas de nature à favoriser l'emploi et l'élévation de la qualification dans ce secteur. La FGA-CFDT constate par contre que : - ces secteurs ont des difficultés à structurer leur offre notamment parce que les employeurs n'arrivent pas à se regrouper en organisations de producteurs face à la grande distribution ; - en renforçant le poids de la grande distribution par rapport à l'amont et la pression sur les prix par la loi de modernisation de l'économie, le gouvernement a sa part de responsabilité ; - leurs techniques de production doivent être encore améliorées et leur productivité augmentée, d'autres pays comme la Hollande montrant l'exemple ; - leurs exportations sont devenues plus difficiles à cause de la crise notamment vers la Russie et l'Allemagne. Evoquer des salaires trop hauts, c'est une façon de faire l'impasse sur l'incapacité de producteurs agricoles à s'organiser et faire peser sur les salariés encore davantage de précarité. Sur les 403.000 contrats de travail signés sur une année, 53.000 sont des CDI et 350.000 des CDD. La précarité règne dans ces secteurs agricoles, même si la saisonnalité des productions est une réalité et les situations sont tendues, comme l'a encore mis en évidence la tournée du bus CFDT des saisonniers réalisée cet été.
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