"Nous souhaitons que les décisions continuent à être prises au niveau communautaire (de l'Union européenne, ndlr), nous ne souhaitons pas de renationalisation de ces décisions", a déclaré lundi à la presse Bruno Le Maire en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles. "Tout ce qui va dans le sens de la renationalisation sur les questions agricoles va dans le mauvais sens. Tout ce qui va dans le sens de plus de solidarité, de plus de travail en commun, d'imagination d'innovation et d'audace va dans le bon sens", a-t-il ajouté. La proposition de Bruxelles vise d'une part à rendre aux Etats rétifs à l'égard des produits transgéniques la liberté d'interdire chez eux les cultures d'OGM, même si ces cultures font l'objet d'un feu vert européen. Ils n'auraient plus à activer une procédure européenne compliquée de clause de sauvegarde, qui doit être justifiée par des critères sanitaires ou environnementaux. En contrepartie, la Commission leur demande de cesser de bloquer, comme c'est le cas aujourd'hui, les autorisations de mises en culture au niveau européen. Cette nouvelle politique, qui reviendrait peu ou prou à laisser chaque pays faire ce qui lui plaît en matière de cultures OGM, n'est pas du goût de nombreux pays européens et de plusieurs ONG. L'Europe, contrairement aux Etats-Unis ou au Brésil, reste très réticente à voir se développer les plantes génétiquement modifiées sur ses terres. Les cultures d'OGM sont en recul sur le Vieux continent, victimes de la défiance de l'opinion publique et des craintes que leurs effets potentiellement néfastes sur l'environnement suscitent, notamment pour les cultures traditionnelles et biologiques. Les surfaces consacrées au maïs MON 810 de l'américain Monsanto, seul produit autorisé à ce jour à la culture dans l'UE, sont passées de 106.737 hectares en 2008 à 94.749 ha en 2009. Il est cultivé dans 5 pays européens, mais frappé d'interdit depuis 2009 dans 6 autres.
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