Les surfaces pourraient progresser de 15 % en 2010, malgré un marché actuellement tendu, signe que les débouchés à moyen terme sont toujours au rendez-vous. Côté technique, le renouvellement variétal est toujours actif et devrait offrir de nouvelles inscriptions plus résistantes aux maladies avant la fin de la décennie.
MARCHES : SAISIR LES OPPORTUNITES SANS ATTENDRE
Malgré des résultats hétérogènes en France en 2009 (bons rendements au Nord, médiocres au Sud pour cause d’implantations tardives et souvent mauvaises), les stocks de blé dur sont importants et la qualité est au rendez-vous. Nos principaux concurrents (Canada et Etats-Unis) enregistrent eux aussi, et contre toute attente, de bonnes récoltes en volume et qualité. Finalement, la récolte mondiale 2009 se révèle exceptionnelle et dans le même temps les échanges mondiaux sont en baisse suite à une bonne récolte dans les pays du Maghreb. Le marché est actuellement très
concurrentiel mais il reste des opportunités à saisir jusqu’au printemps. Cette situation va impacter les stocks de report et les intentions de semis pour la prochaine campagne. Celles-ci sont orientées à la baisse sauf en France où elles sont en augmentation de 15% où la production devrait se situer entre 2 et 2.4 Mt, ce qui laisse présager d’un disponible conséquent pour la campagne de commercialisation à venir.
Parmi les moyens d’adaptation pour faire face à cette situation, la filière réfléchit à la création d’un marché à terme pour le blé dur. Le futur projet de recherche INRA/ARVALIS devrait par ailleurs accélérer la mise à disposition d’innovations pour les producteurs en génétique, agronomie et qualité de la production.
DES AVANCEES SUR LES RESISTANCES DANS LA DECENNIE
La stagnation des rendements depuis 10 ans n’est pas le fait de la génétique mais plutôt des évolutions climatiques défavorables (températures froides/échaudage) et l'émergence de facteurs parasitaires limitants (mosaïques, fusarioses, maladies racinaires). Ce constat motive particulièrement les travaux de biologie notamment sur les différentes espèces de fusarium. La sélection variétale vis-à-vis de ce pathogène est particulièrement dynamique et promet des innovations d’ici 7 à 8 ans dont les niveaux de résistance atteindraient celui des meilleures variétés de blé tendre !
Enfin, les études sur l’amélioration de l’efficience de l’azote se poursuivent et restent un axe fort pour améliorer performances économiques, environnementale et qualité des productions.